| 1970 |
Billy
Wilder |
La
Vie privée de Sherlock Holmes |
Le
héros de Conan Doyle, archétype de l'enquêteur scientifique et père
spirituel de bien des criminologues actuels (au point qu'Edmond Locard
l'évoque comme source d'influence) a eu, on s'en doute, une vaste
descendance cinématographique. On a ainsi pu voir des adaptations
fidèles des célèbres romans, mais aussi des Sherlock Holmes fantastiques,
des Sherlock Holmes espions, des Sherlock Holmes comiques et même
enfantins, mais c'est paradoxalement dans cette géniale adaptation,
hommage plutôt, de Billy Wilder que l'ambiance holmesienne est le
mieux restituée. Avec humour, le cinéaste profite d'une abracadabrante
intrigue de monstre du Loch Ness pour nous dépeindre un Sherlock tout
en morgue, vieux célibataire ne manquant pas de galanterie qui s'amuse
à tester une machine à faire des ronds de cigares en s'éprenant d'une
belle espionne allemande. |
| 1981 |
Brian
De Palma |
Blow
out |
En
plus d'être l'un des plus réussi des thrillers politiques et l'un
des dernier opus de cette " décennie paranoïaque " du cinéma américain,
Blow up, place la preuve matérielle et son exploitation au centre
de l'intrigue. En filmant l'aventure d'un technicien de cinéma, témoin
d'un accident de voiture alors qu'il enregistre des ambiances sonores,
qui découvre qu'il s'agit en réalité d'un assassinat en réécoutant
la bande sonore mettant en évidence la détonation d'un coup de feu,
De Palma inaugure une méthode qui fera bientôt florès à Hollywood
: la recherche d'un indice matériel comme preuve ultime mettant fin
à une injustice. |
| 1986 |
Michael
Mann |
Le
Sixième sens |
Quelques
années avant le phénoménal Silence des agneaux, le cinéma s'était
déjà emparé du cycle " Hannibal Lecter " de l'écrivain Thomas Harris
en adaptant le premier opus de la série, Dragon Rouge, rebaptisé Manhunter
pour l'occasion (une nouvelle version, qui gardera cette fois le titre
original du film, sortira en 2002 avec Antony Hopkins reprenant son
rôle mythique). Comme dans Le Silence des agneaux, Hannibal collabore
de sa cellule à la traque d'un autre tueur en série. Si ce film n'eut
pas le retentissement de celui de Jonathan Demme cinq ans plus tard,
il est l'une des premières apparitions du profilage dans le cinéma
américain. |
|
Où
une psychiatre spécialiste des serial-killer, recluse dans son appartement
suite à une agression dont elle a été victime, est traquée par un
terrible " admirateur ", est l'un des nombreux exemples de l'engouement
pour le thème du profilage qui fit fureur à Hollywood et dans le cinéma
durant les années 90 à la suite de quelques beaux succès du box-office
(à commencer par l'inoubliable Silence des agneaux). Littérature,
cinéma et série TV s'emparèrent alors sans restriction du thème, le
transformant en un véritable phénomène de société. |
| 1999 |
Hamlet
Sarkissian |
Camera
Obscura |
Réalisé
avec un budget minimum, quasiment inédit en France, ce film met pourtant
en scène l'une des figures les plus récurrentes, les plus ingrates
et les plus troubles de la police technique : le photographe criminel.
Camera obscura pénètre donc dans l'intimité de l'un de ces techniciens
dont le travail consiste à photographier (" immortaliser " comme le
dit l'expression classique) les crimes pour le compte du NYPD. Très
vite, cette intimité avec la mort va éprouver notre photographe dont
l'équilibre va être gravement mis en danger à force de regarder les
drames les " yeux dans les yeux ". Pas à proprement parler un " polar
", Camera obscura reste une évocation pleine de force d'une vie au
contact quotidien avec les tragédies de notre société. |
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| 2000 |
Alain
Berbérian |
Six
pack |
Tiré
du livre éponyme de Jean-Hugues Oppel, cette histoire de serial killer
en pleine nuit parisienne dans lequel il est fait abondamment appel
aux dernières techniques de la police scientifique (médecine légale,
profilage…) est exemplaire du renouveau d'un certain cinéma policier
de genre en France, après une longue éclipse de vingt années, où bandits
d'honneur et barbouzes ont laissé la place aux émules de Guy George
et de Francis Heaulme. |
| 2000 |
James
Yuen |
Clean
my name, Mr Coroner ! |
Si
ce film n'est pas à proprement parler un chef-d'oeuvre, il a le mérite
de l'originalité. Tout d'abord parce qu'il est l'une des rares variations
sur le ton humoristique à propos de la médecine légale en suivant
l'enquête d'un légiste un peu brouillon et souffrant de la solitude
due à son travail. Mais aussi parce que ce petit film tranche, par
son sujet, dans un cinéma asiatique -hongkongais plus précisément-
plutôt enclin à s'intéresser aux règlements de compte sanglants qu'au
travail de la police scientifique. |
| 2000 |
Frédéric
Schoendoerffer |
Scènes
de Crimes |
A
la suite de la disparition d'une jeune femme en région parisienne,
deux policiers du SRPJ de Versailles, campés par Charles Berling et
André Dussolier, entament une enquête qui va rapidement les mener
sur la piste d'un tueur en série. Frédéric Schoendoerffer s'attache
ici à décrire au plus près le quotidien de la police judiciaire d'aujourd'hui,
ses procédures, ses aléas mais aussi la vie privée, souvent chaotique,
de ses membres, en contact permanent avec la face la plus sombre de
notre société moderne. Pari réussi pour un film qui, comme son nom
l'indique, échappe aux règles du thriller (tout en en gardant le suspens)
pour mieux pénétrer dans le réel travail de fourmi d'une police où
institutions personnelles, travail d'équipe et études scientifiques
vont désormais de pair. Pour cela, Scènes de crimes se situe dans
la pure lignée d'un polar néo-réalisme français, depuis L627 à 36,
Quai des orfèvres |
| 2001 |
Albert
et Allen Hughes |
From
Hell |
Avec
cette adaptation d'un BD signée Alan Moore et Eddie Campbell, ce qui
aurait pu n'être qu'une énième adaptation du mythe de Jack l'Eventreur
à l'écran, s'avère une œuvre exploitant jusqu'à l'extrême toutes les
légendes accompagnant cette affaire : complot royal, organisations
secrètes, sans oublier la lourde ambiance victorienne d'un Londres
enveloppé de son célèbre fog. Il en ressort une œuvre hautement graphique,
à la distribution parfaite et dont l'intrigue, empreinte de littérature
populaire, mêlant personnages historiques et références cinématographiques,
demeure troublante de réalisme. |
| 2002 |
Steven
Spielberg |
Minority
report |
Exploitant
nos craintes actuelles autour des possibles dérives de la police scientifique,
Minority report nous présente un futur, à priori parfait, où une unité
" pré-crime " est en mesure de prévoir les crimes futurs et d'en arrêter
les coupables avant qu'ils ne les commettent. Mais, c'est sans compter
sur une certaine marge d'erreur… Film de SF, Minority report est aussi
un thriller terriblement efficace qui puise son aspiration dans toutes
les dérives qu'a connu la recherche du " criminel-né ", depuis les
travaux du XIXe sur l'hérédité ou la forme du crâne jusqu'aux débats
autour de l'utilisation de la génétique. |
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