3 questions à…. Roland Sadaune

Roland Sadaune est incontestablement le "local de l'étape" : artiste-peintre un jour, écrivain l'autre, il vient en voisin depuis la commune toute proche de Taverny, où il habite. Voisin fidèle aussi, puisque, présent dès la première édition, l'homme en est à son huitième salon du polar.

NT : Qu'est-ce que vous appréciez dans le Salon du Polar de Montigny-lès-Cormeilles ?

RS : La même chose depuis la première année : l'accueil, chaleureux, l'organisation et surtout la possibilité de rencontrer énormément de monde, ce qui me permet de pouvoir discuter avec mes lecteurs et de retrouver des amis écrivains. C'est pour nous un rendez-vous régulier, comme pour les lecteurs d'ailleurs : beaucoup me demandent " qu'est-ce que vous nous proposez cette année ? ". C'est aussi, le vendredi notamment, une occasion de voir beaucoup de scolaires. Rendez vous compte, j'ai l'un des plus importants salons polar à ma porte !!!

NT : d'autant que plusieurs de vos romans se déroulent dans le Val-d'Oise même…

RS : Oui, j'ai commencé à écrire sur mon département presque par accident, par une nouvelle pour une collection aujourd'hui disparue qui s'est peu à peu transformée en un vrai roman, Auvers d'Oz. Maintenant, j'ai plusieurs lecteurs qui attendent le suivant, beaucoup retrouvent dans mes romans des lieux qu'ils fréquentent, parfois même quand je les ais un peu modifiés pour le besoin de la fiction. Mais je ne me contente pas du Val d'Oise, la preuve, l'un de mes prochains livres à paraître se déroule à Trouville. En fait, c'est, je crois, ma sensibilité de peintre qui me pousse à considérer les villes et les paysages comme des héros et héroïnes à part entière…

NT : Un décor de Banlieue donc….

RS : Oui, d'ailleurs si vous prenez les années 30, une époque de dépression et de crise économique qui a aussi été une grande période d'éclosion du roman noir, aux Etats Unis notamment, on pourrais dire que "quand la société se porte mal, le polar se porte bien ! " Et aujourd'hui, c'est en banlieue que les problèmes de notre monde se cristallisent en premier lieu Il est vraiment normal qu'un Salon qui soit consacré au polar se déroule dans ce territoire de prédilection pour notre littérature. J'ai parfois envie d'écrire un roman se déroulant ici à Montigny, mais on me taxerais d'opportunisme….


Propos recueillis par N.TRIBONDEAU