5 questions à…. Pierre-Alain Mesplède

Pierre-Alain Mesplède, frère de Claude, est un fidèle ami du Salon du Polar : cette année encore, il vient nous présenter ces romans, dont le premier, Les Trottoirs de Belgrano , sorti en Série noire, vient d'être adapté au cinéma par Jean-Pierre Mocky sous le titre Grabuge.

NT : Comment s'est passé le travail avec Mocky ?

PAM : Sur le tournage même, ce fut d'abord le boulot de Mocky et de l'adaptateur. Je ne suis venu qu'en tant que visiteur. Comme d'habitude, Mocky excelle dans le choix des seconds rôles. Il a réussi à dénicher des acteurs qui correspondent exactement aux personnages que j'avais inventés dans le roman. Cela m'a vraiment sauté aux yeux, ce qui montre, entre parenthèses, le gros travail d'analyse de mon texte en amont. Et Charles Berling est génial.

NT : Et l'ambiance de votre livre ?

PAM : Elle a aussi été très bien transcrite. Lors d'une séance de présentation, à Cognac, on m'a dit que le film pouvait être résumé par le mot " nostalgie " , ce qui correspond parfaitement à toute mon œuvre. J'ai été très touché par le personnage de vieille pute que joue divinement bien Micheline Presle… Alors bien sûr, il n'y a pas assez de Tango à mon goût mais bon, Mocky ne pouvait pas se permettre d'en mettre autant que moi dans mon livre qui tourne littéralement autour de cette danse…

NT : Et l'ambiance sur un tournage de Mocky, pas trop éprouvante ?

PAM : C'est vrai que Mocky est un râleur, mais il sait être courtois… Je crois que sa mauvaise humeur légendaire est d'abord une soupape de sécurité sur des tournages assez éprouvants.

NT : Parlons du Salon du Polar maintenant…


PAM : Depuis 1998, j'y suis chaque année, c'est un ami qui jouait dans l'orchestre de Jazz qui m'a présenté la première fois aux organisateurs et depuis, je fais partie, sinon des indispensables, du moins des historiques. Je me souviens d'une anecdote : une année , je n'avais pas reçu d'invitation et je m'étais donc pointer en simple visiteur jusqu'au moment où je me suis aperçu que mes livres étaient là, à m'attendre… " Un Salon du polar sans toi ce n'est pas un Salon " m'a dit un jour un organisateur… J'imagine que je ne suis pas le seul dans ce cas là mais ça me flatte !!! J'y reviens pour l'ambiance, pour les amis aussi, et quand je dis " amis ", je ne parle pas que des " collègues " écrivains mais aussi des visiteurs et des organisateurs, comme Colette, fidèle derrière le Bar…

NT : Des projets pour le futur ?

PAM : Je suis sur plusieurs manuscrits, toujours des romans policiers historiques… En vérité je crois que j'ai écrit un premier "roman noir " par accident… Le présent ne m'inspire pas : même dans les nouvelles contemporaines que j'ai pu écrire çà et là, il y a toujours cette référence en un passé révolu, ces années 50 et 60 pas forcement meilleures qu'aujourd'hui mais qui me correspondent mieux. Plus qu'un auteur noir, je suis un auteur nostalgique.. ; Enfin, " auteur ", c'est beaucoup dire… En écriture, je reste un amateur…


Propos recueillis par N.TRIBONDEAU