Thierry
Crifo, transfuge du cinéma et de la télévision,
aujourd'hui auteur à temps complet, se consacre
autant à l'écriture adulte (Paris Paria
à la série Noire ou, plus récemment,
J'aime pas les types qui couchent avec Maman au Masque)
qu'à l'écriture jeunesse (On a volé
les Bétacam en Folio Junior). Il est l'un des nombreux
auteurs qui, au cours du Salon du Polar, vont rencontrer
des classes de Montigny et d'ailleurs, du primaire jusqu'au
lycée afin de profiter de l'événement
pour faire se rencontrer enfants et littérature
policière
.ou littérature tout court
d'ailleurs. |
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NT
: Dans le cadre du Salon, quelles classes rencontrez-vous
?
TC : Une
classe de CM1 et une classe de CM2
NT
: Comment des rencontres comme celles-ci s'organisent ?
TC : Parfois,
il s'agit d'une simple présentation de mes livres.
Mais dans le cas présent, et c'est beaucoup mieux,
les enfants ont lu mes livres pour préparer la rencontre,
ce qui permet d'avoir des questions très précises
sur mes romans, leurs intrigues, les personnages, mon travail
d'écriture.
NT
: Quelles sont les questions qui reviennent le plus souvent
dans ce genre de rencontres ?
TC : Il
y a tout d'abord les questions " hors livre ", assez
touchantes et naïves : " est ce que vous êtes
riche ? ", " comment écrivez-vous ? "
ou encore " écrivez-vous sur ordinateur ou non
?", puis des questions sur le livre lui-même :
" comment j'ai eu mon idée de départ ?
" par exemple, est une question classique. Une question
qui revient toujours, concerne le temps que je mets pour écrire
un livre.
NT
: Et comment jugez-vous l'intérêt pédagogique
de ces initiatives ?
TC : Même
si ces rencontres ont lieu en milieu scolaire, un auteur qui
intervient n'est surtout pas un prof de plus. Au contraire,
il faut que cela soit le plus déscolarisé possible.
On est là pour apporter un savoir, si tant est que
l'écrivain en détient un de particulier. On
est là pour amener une patte, une émotion et
dire que le livre, l'écriture, c'est la vie ! Essayer
qu'ils aient le moins peur possible des livres, de l'écriture,
faire comprendre que l'écriture c'est des mots sur
les émotions et que tout le monde en a. Faire comprendre
que ceux qui écrivent sont des êtres de chair
et, par la discussion avec un écrivain en chair et
en os, les amener à considérer les livres avec
moins d'appréhension et de distance.
NT
: Les élèves que vous rencontrez sont ils déjà
des lecteurs ?
TC : Ils
lisent par eux-mêmes, c'est certain, et j'ai même
été assez surpris que certains écrivent,
pour eux, des contes, des poèmes
C'est une surprise
car on a l'impression qu'avec les nouveaux moyens de télécommunication
ou la télé, les mômes ne lisent plus ou
n'écrivent plus. Or il y a encore une curiosité
vers la lecture et peut-être plus encore vers l'envie
d'écrire. Il est beaucoup moins de difficile d'écrire
des choses personnelles que d'aller vers la fiction. Or ce
que je leur dis, c'est qu'il est de notoriété
mondialement connue, et j'en suis l'exemple, le plus humblement
parisien, qu'un écrivain est quelqu'un qui parle d'abord
de lui, et après se cache honteusement derrière
un personnage.
NT
: Généralement, qu'est ce que les élèves
apprécient dans un roman
TC : À
cet âge là, ils aiment s'identifier à
des personnages qui peuvent être leurs contemporains
mais aussi rêver avec des personnages qui sont à
leur opposé. Exactement comme les adultes en vérité.
NT
: Pour vous, le Salon du Polar, c'est quoi ?
TC : La
gare du Nord et le train de banlieue
C'est aussi une
occasion de se retrouver avec les amis auteurs, organisateurs
ou lecteurs dans une ambiance chaleureuse (le bar n'est pas
loin), conviviale, basée sur l'échange, et chaque
année c'est pour nous tous un rendez-vous.
Propos recueillis par N.TRIBONDEAU
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