7 questions à…. Thierry Crifo


Thierry Crifo, transfuge du cinéma et de la télévision, aujourd'hui auteur à temps complet, se consacre autant à l'écriture adulte (Paris Paria à la série Noire ou, plus récemment, J'aime pas les types qui couchent avec Maman au Masque) qu'à l'écriture jeunesse (On a volé les Bétacam en Folio Junior). Il est l'un des nombreux auteurs qui, au cours du Salon du Polar, vont rencontrer des classes de Montigny et d'ailleurs, du primaire jusqu'au lycée afin de profiter de l'événement pour faire se rencontrer enfants et littérature policière….ou littérature tout court d'ailleurs.

NT : Dans le cadre du Salon, quelles classes rencontrez-vous ?

TC : Une classe de CM1 et une classe de CM2

NT : Comment des rencontres comme celles-ci s'organisent ?

TC : Parfois, il s'agit d'une simple présentation de mes livres. Mais dans le cas présent, et c'est beaucoup mieux, les enfants ont lu mes livres pour préparer la rencontre, ce qui permet d'avoir des questions très précises sur mes romans, leurs intrigues, les personnages, mon travail d'écriture.

NT : Quelles sont les questions qui reviennent le plus souvent dans ce genre de rencontres ?

TC : Il y a tout d'abord les questions " hors livre ", assez touchantes et naïves : " est ce que vous êtes riche ? ", " comment écrivez-vous ? " ou encore " écrivez-vous sur ordinateur ou non ?", puis des questions sur le livre lui-même : " comment j'ai eu mon idée de départ ? " par exemple, est une question classique. Une question qui revient toujours, concerne le temps que je mets pour écrire un livre.

NT : Et comment jugez-vous l'intérêt pédagogique de ces initiatives ?

TC : Même si ces rencontres ont lieu en milieu scolaire, un auteur qui intervient n'est surtout pas un prof de plus. Au contraire, il faut que cela soit le plus déscolarisé possible. On est là pour apporter un savoir, si tant est que l'écrivain en détient un de particulier. On est là pour amener une patte, une émotion et dire que le livre, l'écriture, c'est la vie ! Essayer qu'ils aient le moins peur possible des livres, de l'écriture, faire comprendre que l'écriture c'est des mots sur les émotions et que tout le monde en a. Faire comprendre que ceux qui écrivent sont des êtres de chair et, par la discussion avec un écrivain en chair et en os, les amener à considérer les livres avec moins d'appréhension et de distance.

NT : Les élèves que vous rencontrez sont ils déjà des lecteurs ?

TC : Ils lisent par eux-mêmes, c'est certain, et j'ai même été assez surpris que certains écrivent, pour eux, des contes, des poèmes… C'est une surprise car on a l'impression qu'avec les nouveaux moyens de télécommunication ou la télé, les mômes ne lisent plus ou n'écrivent plus. Or il y a encore une curiosité vers la lecture et peut-être plus encore vers l'envie d'écrire. Il est beaucoup moins de difficile d'écrire des choses personnelles que d'aller vers la fiction. Or ce que je leur dis, c'est qu'il est de notoriété mondialement connue, et j'en suis l'exemple, le plus humblement parisien, qu'un écrivain est quelqu'un qui parle d'abord de lui, et après se cache honteusement derrière un personnage.

NT : Généralement, qu'est ce que les élèves apprécient dans un roman

TC : À cet âge là, ils aiment s'identifier à des personnages qui peuvent être leurs contemporains mais aussi rêver avec des personnages qui sont à leur opposé. Exactement comme les adultes en vérité.

NT : Pour vous, le Salon du Polar, c'est quoi ?

TC : La gare du Nord et le train de banlieue… C'est aussi une occasion de se retrouver avec les amis auteurs, organisateurs ou lecteurs dans une ambiance chaleureuse (le bar n'est pas loin), conviviale, basée sur l'échange, et chaque année c'est pour nous tous un rendez-vous.


Propos recueillis par N.TRIBONDEAU