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GARDE
A VUE - GARDE
A VUE - GARDE A VUE -
GARDE A VUE - GARDE
A VUE
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| Romain
Slocombe : le péril jaune. |
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Il
aime les Japonaises plâtrées à qui il consacre la majeure
partie de son œuvre photographique et détruit au Bazooka
(le nom du célèbre groupe de graphistes punks auquel participa
Slocombe aux tournants des années Mitterrand) la Bd consensuelle
à coup de Prisonnière de l'Armée rouge, l'album qui fit
scandale et qui va être réédité en Janvier prochain. Il
frise toujours avec l'obsessionnel, celui du Bondage soft
et du morbide schizophrénique (voir, La Japonaise de Saint
John's Wood, son vrai-faux roman d'autofiction) mais sait
être sérieux, comme lorsqu'il évoque dans ses romans de
la Série Noire, le spleen du Japon d'aujourd'hui ou les
crimes de guerre de celui d'hier… Eros et Thanatos se
mêlent chez cet auteur tout droit venu du monde flottant
et dont l'œuvre demeure insaisissable… Romain Slocombe
avoue tout ce week-end sur le Salon du Polar
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| Danielle
Thierry : une flic fait salon |
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Même
lorsqu'elle n'est pas en service, cette commissaire divisionnaire,
l'une des premières femmes reçues au concours de police
en 1969, ne peut s'empêcher de s'éloigner trop longtemps
de son travail et se met à écrire…Des polars bien évidemment.
En vrai ou en roman, Danielle Thierry se sent dans le
polar comme un poisson dans l'eau. Mais un poisson carnivore,
venimeux, qui écrit des livres qui n'ont rien de bluettes…Tout
au contraire, la commissaire nous livre des thriller puissants,
durs à cuir, qui sentent la nuit, la peur et le réel….
Ce week-end, le commissaire Thierry fait une descente…
amicale… à Montigny-lès-Cormeilles. |
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| Pascal
Dessaint : le voyeur du sud. |
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Historien
dans une autre vie, ce tranquille Toulousain d'adoption
cache un dangereux déséquilibré : ne se contentant
pas d'avoir fait mille petits boulots, il se lance
dans l'écriture… et avec réussite en plus… Ses romans
sont autant de petites tranches de vie, si anodines
et pourtant si riches… Il aime les plantes, les
vies brisées et le rugby… |
Ses
romans sont autant de trous de serrures sur des intimités
blessées, un voyeurisme sans indécence, juste pour la
beauté de la chose, des hommes, des femmes et de la vie,
en toute simplicité… Ce type est assurément à enfermer…Au
Salon bien entendu… |
| Michel
Leydier : le maître chanteur… |
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Michel
Leydier n'a pas que le polar dans la vie ! Il a Jacques
Dutronc aussi. Il consacra d'ailleurs au chanteur la biographie
ultime saluée par toute la critique. Frère de lait littéraire
de Thierry Gatinet, il consacra, comme lui, une partie
de son inspiration à la banlieue, ce catalyseur des drames
de notre époque. Roadie littéraire -il le fut aussi lui-même,
Leydier se balade dans le polar en touriste : un brin
d'adulte, un brin de jeunesse, une pincée de nouvelisation…
Touriste sérieux tout de même… et talentueux… Alors Michel,
balance nous rapidement quelques nouveaux bouquins où
tu ne sortira pas d'ici vivant !!!! |
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| FRANÇOIS
FORESTIER , J'ACCUSE ! |
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François
Forestier a quitté Paris et le 18ème
arrondissement. Il est parti la machine à
écrire sous le bras. Et s'est mis à
écrire. Du cinéma, il est passé
au roman. En particulier à cette forme un
tantinet méprisée par les salons littéraires
et maintenue à la marge des canons classiques
comme marquée par un péché
originel : le polar. |
Ce
qui lui convient fort bien. Quoi de plus naturel en effet
que ce genre pour parler de ceux qui sont souvent relégués
vers l'extérieur - les pauvres, les humiliés
et les offensés et de décrire la façon
dont la société traite ses exclus. Avec
violence même si elle s'exprime de manière
insidieuse et feutrée.
Mais rien de latent dans " Rue des Rats " qui
se passe dans une immeuble en décrépitude
envahi par ces mammifères qui cette particularité
de vivre là où vivent les hommes. La nuit
les rats s'emparent du navire en perdition. S'ébrouent
alors des personnages qui survivent dans cet univers crépusculaire.
Prémonitoire ? Peut-être
On pense à
ces immeubles récemment livrés aux flammes.
De toute évidence, François Forestier sous
l'influence du maître de plume Emile Zola déploie
une indignation intacte, une saine colère non dénuée
d'une ironie sensible au grotesque, tout " chesterhimienne
".
Gageons que cette veine irrigue les futurs romans encore
sur l'établi. A quand la suite
Sang et Nuit.
Alléchant ! |
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Utilise
un temps de vacance pour faire autre chose. Alors
pourquoi pas écrire ? Choix judicieux. Il
a déjà " commis " une dizaine
de romans. Plus que le suspens ou l'intrigue habile
prétexte - ce qui ce qui importe à
Marcus Malte, c'est transmettre une émotion.Là
s'origine le plaisir d'écrire. |
Et
cette émotion s'épanouit sur fond noir.
Couleur reine pour peindre tout ce qui gît obscurément
dans les interstices d'une réalité apparemment
lisse.
Credo : raconter une histoire avec le plus d'humanité
possible. Avec authenticité sans trop de mensonge.
Dès lors s'adresser aux enfants s'impose et s'avère
une expérience passionnante. On ne peut tromper
les enfants : ils savent. Ce qui pourrait n'être
qu'un artifice utilisé à la légère
pourrait s'avérer comme la marque d'une tricherie
impardonnable.
Et puis, les enfants comprennent tout. Tel le petit David
vivant dans une maison isolée en pleine montagne
et qui voit la vielle femme qu'il nomme Mamie espérer
le retour de son fils disparu.
Qui mieux que les enfants peuvent décrypter ce
que la disparition d'un être aimé peut engendrer
comme fantôme et de situation énigmatique
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| Didier
Daeninckx : le complice d'Aubervilliers. |
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A n'en
point douter, si le salon du polar est coupable, Daeninckx
est son complice. La preuve : cela fait la huitième
année consécutive que, depuis ses balbutiements,
l'auteur est fidèle au Salon. Peut-être apprécie
t'il ici la banlieue, celle qu'il a su si bien comprendre
et décrire dans ses différents romans, peut
être retrouve t'il aussi la convivialité
qui lui rappelle celle du petit peuple dont il sait si
bien parler. En tout cas, Didier Daeninckx est un complice
de choix : écrivain talentueux et courageux, il
a abordé en vingt ans de carrière toutes
les blessures de notre Histoire, celles de la Guerre d'Algérie
(meurtre pour mémoire), celles des de la Grande
Guerre (le Der des ders) ou, plus près de nous,
celles des " évènements " de Nouvelle
Calédonie (Cannibale). Aussi à l'aise dans
la nouvelle, le roman ou la Bd, Didier Daeninckx est certainement
l'un des rares qui ont compris que la fiction, aussi,
pouvait mener l'enquête
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| THIERRY
GATINET : LE BETON A AUSSI UNE AME |
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A
été un jour informaticien. Au gré
d'un changement d'existence, il se met à
écrire. Car rien n'est plus nécessaire
que de questionner les apparentes certitudes dont
nous nous drapons tous et d'explorer en profondeur
ses doutes dans un exercice stylistique salutaire.Et
permanent car l'homme n'en manque point. |
Thierry
Gatinet n'écrit pour plaire ni pour complaire mais
pour survivre, mué par une impulsion vitale.
Ainsi ses romans, et en particulier " Le martyr dans
la cité ", sont traversés par des questions
primordiales :les relations Père/Fils, le passage
du monde de l'enfance à l'âge adulte comme
métamorphose intérieure inéluctable
dans laquelle bien des êtres se perdent, l'incommunicabilité
enfin.
Et ce labyrinthe des âmes s'imprime dans le paysage
urbain ô combien meurtri des banlieues.
Parfaite adéquation entre le drame et son décor.
Finita la comedia
s'esquisse une pointe de tragique
dans cette plume-là.
C'est sans doute cette tonalité-là qui plaît
à Tom Novembre -arpenteur tendre de nos désillusions
! |
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