Salon du Polar - 7,8,9 décembre 2007 - Ville de Montigny-les-CormeillesVille de Montigny-les-Cormeilles - AccueilSalon du polar - Accueil
"Les Grandes Erreurs Judiciaires "
En allant à l’expo...

Graphisme : Sarah Bruey

Construire une exposition est toujours une gageure et un pari. Comment transmettre l’essentiel d’une thématique et susciter l’envie d’aller plus loin.
L’exposition sur les erreurs judiciaires n’a pas échappé à cette règle.
Aussi avons-nous voulu proposer un parcours qui rende compte de la complexité du sujet traité et qui l’illustre de la manière la plus pertinente qui soit sinon la moins partielle.
Aussi l’exposition est-elle composée de deux parties :
- une partie généraliste qui situe et définit l’erreur judiciaire dans le champ juridique, précise les termes et propose un schéma type. L’erreur judiciaire est une construction qui s’élabore depuis l’enquête policière jusqu’au procès. Un produit de multiples erreurs qui se répercutent et s’amplifient à chaque phase ;
- une partie dévolue aux affaires. Huit sont abordées. Le choix ne fut pas facile tant l’histoire est émaillée d’erreurs judiciaires qu’elles soient d’opinions, politiques ou de droit commun.
A chaque époque son erreur judiciaire - par l’écho qu’il suscita, par les batailles qui s’engagèrent par les pratiques qu’elle initia.
A chaque erreur judiciaire son coupable désigné qui figure l’exclu et incarne le bouc émissaire exutoire de toutes les haines – le maudit, l’impie ou l’hérétique, l’étranger, le monstre, le différent.
Tel fut notre fil conducteur.
L’innocence de certains a pu être reconnue et établie. Des doutes peuvent subsister encore pour d’autres.  Mais tous ceux dont nous avons retenu l’histoire vécurent l’infamie et l’opprobe dans la tempête des passions qui se déchaînent sans retenue.
Tous vécurent l’effroyable d’une machine que rien n’arrête. Quand ce ne fut pas le supplice et la mise à mort, ce fut le bagne, des années de prison dans les pires conditions d’abjection, le suicide. 
Même acquitté, la victime d’une erreur judiciaire en sort meurtrie à jamais.  Si les marques physiques ont aujourd’hui disparu, les flétrissures n’en demeurent pas moins.
Ces affaires firent se lever des voix et pas des moindres : Voltaire, Zola montèrent au combat contre l’injustice. Quand la plume devient une arme contre le crime…
« La peine irréparable suppose un juge infaillible » écrit Victor Hugo.
Lorsqu’il ne l’est pas, lorsqu’il déroge et se comporte comme celui qu’il blâme, dès lors le pire qui sape les relations humaines et sociales est à craindre. Le symbole de la justice n’est-il pas la balance qui renvoie à un équilibre, une partialité que nul ne peut briser impunément ?
Un grand juriste qui vient de disparaître, Ian Thomas écrivait que le droit tisse la trame de nos vies. Que cette trame se délite, et la vie se brise.

Karima Rezig / Patricia Vioux

Exposition réalisée par le Service de l'Action Culturelle