Salon du Polar - 7,8,9 décembre 2007 - Ville de Montigny-les-CormeillesVille de Montigny-les-Cormeilles - AccueilSalon du polar - Accueil
Affiche 2008



L'affiche du salon du polar 2008 (à droite) a été réalisée par Christian de Metter.

L'illustrateur sera présent sur le Salon
samedi 6 décembre à partir de 14h.

Portait de Christian de Metter

Flou artistique

Il aime les nuances et s’en excuse presque : « Je ne suis pas un grand lecteur de BD. C’est un univers vaste, prolifique, on ne sait jamais où regarder. D’ailleurs, les BD ont tendance à me tomber des mains… » Et pourtant, Christian de Metter est bien l’illustrateur à l’affiche de cette nouvelle édition du Salon du polar. On lui doit quatorze albums sortis en huit ans. Malgré ces réalisations et malgré le prix public, en 2005, du meilleur album au festival d’Angoulême pour Le sang des Valentines, il rechigne à se définir comme illustrateur. Jouer le rôle de l’artiste, il « déteste ».

Une ambiance de roman noir

Christian de Metter aurait pu faire carrière dans la pub, « mais ce n’était pas mon truc ». Il aurait pu rencontrer ses idoles grâce à ses caricatures dans la presse rock, « mais j’étais trop timide ».  Il se lance finalement dans un projet de bande dessinée et édite en 2000 le premier volume d’Emma. Suivront ensuite, en collaboration ou en solo, les séries Le curé, Dusk et bien d’autres encore. On y retrouve des personnages fragiles, brisés. Une ambiance de roman noir où la profondeur des personnages, leur psychologie borderline, peut les faire basculer à tout moment dans le désespoir ou l’horreur. « Les complots politico-judiciaires m’intéressent peu. Je préfère explorer la question de l’identité. A quoi peut-elle tenir : à une rencontre, à un drame… ? »

Christian de Metter

En clair-obscur

D’un style réaliste, Christian de Metter structure rapidement ses cases au crayon pour ensuite appliquer l’aquarelle : de la couleur directe, idéale pour ses nuances claires-obscures. « Le pinceau m’amuse plus. Je ne suis pas dans un trait cerné avec un visage millimétré. Je construis mieux avec un assemblage de tâches. J’aime les accidents, je les cherche presque. » Chez lui, les décors sont suggérés et, d’une page à l’autre, on peut parfois se demander s’il s’agit des mêmes personnages. « Il ne faut pas que cela gène la lecture. Mais il suffit d’un rayon de lumière, d’une émotion pour transformer un visage. »

Lui que le dessin ennuie songe à explorer la peinture. Seulement, « ai-je quelque chose à y faire », s’interroge-t-il. Lui qui adore raconter des histoires se dit aussi passionné et néanmoins complexé par l’écriture. La contrainte du scénario en devient parfois douloureuse. S’il avait le choix, Christian de Metter laisserait ses personnages prendre vie sous son pinceau et lui échapper. « Un exercice casse gueule mais qui procure une grande liberté. » Alors, il lui arrive d’adapter des romans dont le style et les thèmes l’ont séduit : Figurec de Fabrice Caro et tout dernièrement Shutter Island de Dennis Lehane.

Sur fond de rock

Cependant, s’il doit parler de son moteur, de sa passion, cela reste sans aucun doute la musique. Une source d’inspiration, comme en témoigne Swinging London,et d’énergie, « sinon je dépéris. » Ses éditeurs le savent. Piano, guitare, basse, batterie, violon… il peut y passer des heures. Avec d’autres illustrateurs, il a même fondé un groupe de « punk-rock festif bête et pas méchant ». A bien l’observer finalement, Christian de Metter ne serait-il pas un artiste malgré lui ?

Marjolaine Moreau