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De
l'ambiance grave des palais de justice
à la grand messe du polar, il n'y
avait en fait qu'un coup de pinceau.
Benoît Peyrucq, célèbre dessinateur
d'audience diplômé des beaux-arts,
s'est plié pour ce salon du polar
2006 à la réalisation de l'affiche.
Immersion totale dans les méandres
du pouvoir !
Benoît
Peyrucq esquisse les pouvoirs |
Avez-vous
déjà réalisé
ce genre d'exercice auparavant ?
Non,
c'est quasiment une première. J'avais
juste dessiné il y a quelques années
une affiche pour une pièce de théâtre.
J'ai plutôt l'habitude de travailler
pour la presse, mais lorsque l'on me propose
un challenge intéressant, je fonce
! C'est le cas pour celle ici.
Cela
ne vous gêne d'avoir un thème
imposé ? Que pensez-vous de la
liberté créative des artistes
peintres ?
Ca
ne me gêne pas du tout, à
partir du moment où celui-ci est
pertinent. Vous savez quand je dessine
les audiences, je suis aussi tributaire
de ce qui m'entoure. Il faut composer
avec. Mais je vous rassure, je suis un
peintre " multifonction " et
je peux donc m'exprimer plus intimement
dans d'autres circonstances.
Décrivez-nous un peu cette affiche
?
J'ai voulu montrer la complexité
du pouvoir, comment les différentes
parties qui le composent s'imbriquent
les unes les autres. Il n'y a pas de hiérarchie
entre celles-ci. Chacune a un rôle
précis à jouer, ce qui fait
la force de notre démocratie. J'ai
donc essayé de représenter
tous les pouvoirs et les lieux symboliques
qui les abritent : l'Elysée, l'assemblée
nationale
Les médias ont
aussi une grande importance à mes
yeux. Mon seul regret est d'avoir occulté
le pouvoir de la religion. Ce fût
un choix difficile mais il me semblait
que pour le salon du polar c'était
un peu hors sujet. Au final, je fais appel
à la subjectivité de chacun
avec une peinture assez générale
sans être consensuelle. C'est désormais
au spectateur de se faire une idée.
Pouvoir, contre-pouvoir, un thème
qui fait beaucoup réfléchir.
Vous êtes, en plus, aux premières
loges ?
C'est
sûr qu'en étant dessinateur
d'audience, je m'immisce quotidiennement
dans les coulisses du pouvoir judiciaire.
Mais ce n'est pas le seul, l'intérêt
de l'affiche est de confronter tous les
pouvoirs même ceux que je ne côtoie
pas.
Etes-vous
un artiste engagé ?
Engagé,
c'est un bien grand mot. J'ai des convictions
mais elle ne transparaissent pas forcément
dans mes peintures. Quand je fais un dessin
judiciaire, c'est publié par l'AFP.
Je reste objectif, je travaille tout de
même pour la presse, avec tout ce
que cela implique.
Concrètement
de la feuille blanche au résultat
final, quelle est votre démarche
artistique ?
Je ne fais que très rarement des
croquis. Je préfère tout
visualiser dans ma tête et ensuite
je me lance directement. Il faut que le
sujet me parle, qu'un coup de pinceau
en amène un autre. Généralement,
je peins très vite. Au tribunal,
j'essaie de saisir l'instant, la lumière,
les formes, c'est primordial. Ce n'est
pas évident de peindre en cherchant
les détails dans sa mémoire.
Mais la rapidité de la réalisation
diffère beaucoup d'un artiste à
l'autre et ne préfigure en rien
la qualité de la peinture.
Au
final, que vous a apporté cet expérience
?
Je
marche beaucoup à l'affect. Ce
salon est très chaleureux et j'ai
donc essayé de me surpasser sur
cette affiche. Et ce n'était vraiment
pas évident. J'étais parti
sur quelque chose de symbolique mais je
me devais de rester compréhensible.
Je souhaite ainsi surprendre et être
surpris. Un leitmotiv. J'espère
donc que les retombées seront positives.
Assurément
!
Maktoum
NHARI
Exposition
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Benoît Peyrucq
artiste-peintre
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Né
en 1960 à Pau, Benoît
Peyrucq entre à l'Ecole
Nationale Supérieure
des Beaux-Arts de Paris et obtient
son Diplôme en 1986.
Cette même année,
il remporte le Prix des Amis
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des Artistes
Français avec mention ainsi
que le 1er Prix de Gravure, et une
Médaille d'Argent en 1987 au
Salon des Artistes Français.
Benoît Peyrucq travaille aussi
bien le crayon que la peinture.
C'est dans la ville d'Avranches en
Basse-Normandie que Benoît Peyrucq
présente sa toute première
exposition personnelle. Il réalise
de nombreux dessins sur des thèmes
politiques, humouristiques ainsi que
des illustrations
qui seront publiés dans divers
journaux (L'Evènement du Jeudi,
Ouest-France, Dossier Familial, Canicule,
Bohème, L'Auvergnat de Paris,...)
Il créa l'affiche pour le spectacle
'Lachez les chiens' au Théâtre
du Grand Edgard et marqua également
sa présence au Salon de la
Marine en 1991.
Depuis plus de dix années,
Benoît Peyrucq s'est fait connaître
sur la région de Basse-Normandie
et
dans le département de la Manche,
ayant tout d'abord investi les murs
de l'actuelle Galerie 'L'Arcothèque'
à Granville, puis au sein de
la Mairie de Jullouville. Il ouvrit
une salle d'exposition dans cette
même municipalité avant
de revenir sur Granville.
Dès 1997, il exposait ses toiles,
de nombreuses aquarelles toutes aussi
belles les unes que les autres, dans
un local donnant sur la rue principale
de Granville, Rue Couraye.
Un grand changement intervient lorsqu'en
Juillet 2003, l'artiste-peintre Benoît
Peyrucq s'installe à l'adresse
du 11 Boulevard d'Hauteserve, en plein
centre de Granville, dans une somptueuse
demeure typique de la fin du XIXème
siècle où se mélangeait
l'histoire d'hier et d'aujourd'hui.
Depuis la rue, on observait au travers
des fenêtres de cette vieille
demeure des oeuvres qui invitaient
le visiteur à entrer dans ce
lieu d'exposition tout particulier
afin d'y découvrir de nombreux
tableaux dont ceux intitulés
'Les Toits', oeuvres du peintre qui
expriment son ressenti des vues depuis
les hauteurs de Granville.
Benoît Peyrucq confie, "Les
couleurs, les formes, les ombres et
la lumière qui émanent
depuis les hauteurs de la Haute Ville
ainsi que de Saint-Paul m'ont touché
au plus profond et j'ai laissé
ma sensibilité s'exprimer.
J'espère que les yeux qui croiseront
mes peintures seront aussi éblouis
et émus que moi par ces paysages
presque irréels."
Le monde de l'humain se voit transposé
dans l'univers du divin
L'exposition de Benoît Peyrucq
s'articulait autour de trois pièces
distinctes : dans la première,
essentiellement des tableaux portant
sur Granville, dont 'Les Toits', puis
les Iles Chausey illuminaient la seconde
pièce mitoyenne tout de jaune
vêtue en fond, et enfin on découvrait
de nombreuses oeuvres du peintre dont
celles portant sur
l'univers des bateaux, le Mont Saint-Michel,
les pêcheurs, la nature, des
nus, mais également des artistes
et musiciens que Benoît Peyrucq
est allé dessiner lors de concerts
en France. |
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